L'éducation à l'envers
Jahwad a trente ans, Bac moins huit et quatre redoublements à son actif. Il est recherché par la police et sa famille ne le supporte plus. Un jour, Jahwad rencontre un prof perturbé par le fait de faire son entrée au collège Vaillant, à Montrouge, dans la banlieue parisienne. Jahwad assiste à l’accident de celui-ci et décide alors de le remplacer, pour échapper à ses problèmes. Les élèves de 4eAS, section spéciale, dont il a la charge, finissent par s’attacher à leur nouveau professeur et même à faire le cours à sa place ! Jahwad retrouve dans cette école l’équilibre dans sa vie…et l’amour. "L’école pour tous" est une comédie très réussie d’Eric Rochant, scénariste et réalisateur. Ce dernier était présent hier soir et a répondu à quelques questions : « Ne serait-ce pas un message négatif pour l’éducation française ? Jahwad reste à l’école alors qu’il n’est pas professeur. » « Je souhaitais montrer l’état un peu délabré de l’Education Nationale en France. Il me semble qu’il vaut mieux garder quelqu’un qui sache tenir sa classe qu’un vrai prof. Mais c’est une vision très humoristique. » « Comment votre film a-t-il été reçu en France ? » « Il a été très bien perçu par le jeune public, moins bien par la critique. Je pense que le problème de la critique est personnel. » « Au début, je voulais faire une comédie pour faire rire. Mais, comme en France, il y a beaucoup de problèmes d’éducation, j’ai été obligé de montrer des choses sur les profs, qui voudraient être reconsidérés. Je n’ai pas tellement de message à faire passer. Je voulais juste montrer une vision plus positive de la banlieue. Le point de vue des Français sur l’école est très caricaturale. En écrivant le scénario, je me suis mis à la place des élèves. J’ai pensé qu’ils devaient être absolument scandalisés d’avoir un prof aussi nul. Et je pense qu’en France on a tous eu des profs scandaleux…mais aussi des profs formidables. » « Je crois que le monde a beaucoup changé depuis mon premier film il y a 20 ans. Je pense que le 11 septembre a changé le monde et la jeunesse française. » « Les adolescents de banlieue, principaux acteurs de mon film, ont pleuré après le tournage. L’ambiance était vraiment super. » L’ambiance de la salle aussi était très chaleureuse et le public enthousiaste a félicité le réalisateur. Nous avons beaucoup aimé ce film qui nous a fait pleuré…de rire ! Nathalie et Efrossyni