Rencontre de Monsieur le Ministre de la culture
A l’occasion de la célébration du centenaire de l’Institut Français d’Athènes, M. Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre français de la culture et de la communication, nous a généreusement accordé quelques minutes pour répondre à nos questions concernant le Festival du Film Francophone. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes s’engagent ou rêvent d’une carrière artistique. Ces métiers, dit-on, sont en crise. Quels conseils pourriez-vous nous donner ? Quelles sont nos perspectives ? « Je pense que les métiers artistiques sont des métiers extrêmement difficiles. Le talent des artistes paraît naturel, mais en fait, il est précédé par un immense travail. Ce sont de belles perspectives, parce que pour des pays comme la France ou la Grèce, pour l’Europe, cette richesse culturelle est essentielle ; je pense aux métiers d’arts : la vie artistique a beaucoup d’aléas, il y a des risques et parfois un sentiment de précarité. Prenons l’exemple de la France : le cinéma est quelque chose de très important qu’on essaie de soutenir fortement par un système d’aide publique. La télévision numérique a permis de multiplier le nombre de chaînes gratuites de télévision, de faire des émissions, des informations… Bref, il y a de nombreux nouveaux métiers qui sont à disposition des jeunes. Je ne leur mentirai pas en disant que c’est facile. Ce sont de vraies perspectives et ce sont des métiers difficiles. » Dans quelle mesure pensez vous que le festival est un instrument essentiel de la diffusion de la culture française dans le monde ? « C’est absolument essentiel car on est dans un univers dominé. Je vais donner des chiffres : 85% des places de cinéma vendues dans le monde le sont pour des productions d’ Hollywood ; au niveau de l’Union Européenne, la France détient 71% du marché. Cela veut dire qu’il faut faire circuler davantage les œuvres et les artistes, c’est pourquoi un festival comme celui-ci est très important. Cela fait connaître de nouveaux réalisateurs, de nouveaux artistes, cela donne la parole à la diversité. De la même manière, de notre côté, il faut qu’on accepte et qu’on accueille, sur le territoire national, un certain nombre de films réalisés par des pays étrangers. Un festival, ça fait connaître. C’est aussi important pour la musique, pour la danse, pour le théâtre que pour le cinéma. Ça ouvre les imaginaires ; les gens vont découvrir des artistes qu’ils ne connaissaient pas forcément. Il ne faut pas croire que dans l’Union Européenne, les choses se passent si facilement : il faut qu’on fasse encore davantage pour créer ces espaces de découverte. »
Nathalie et Thalia