Les maîtresses de Jacques Perrin !

Amicie en compagnie de Jacques Perrin, pendant que Thalia prend la photo !
Au lendemain de la cérémonie d’ouverture, à l’occasion de laquelle Jacques Perrin s’est vu remettre un prix d’honneur par Vassilis Vassilikos, l’acteur et producteur français a accepté de nous recevoir à l’IFA, à l’occasion d’une projection du « Peuple Migrateur ». Très décontracté, l’entretien débute dans un climat détendu. Après les présentations d’usages, Jacques Perrin entre dans le vif du sujet : ce 8e Festival du Film Francophone. Bien qu’étant venu à maintes reprises en Grèce, et connaissant bien ce pays, le Festival était une expérience nouvelle pour lui, intéressante du point de vue des diversités culturelles. Ces cultures cependant ne doivent pas se mélanger ; en France, il faut ainsi « faire en sorte que le cinéma grec soit connu » et vice-versa. Les co-productions gréco-françaises sont rares, (on retiendra « Z » en particulier) ; et la différence de production est elle aussi considérable : la France produit bien plus de films par année que la Grèce. Ces semaines culturelles doivent donc permettre « de connaître l’identité de l’autre », et non pas de promouvoir sa propre culture.
La Grèce, déficiente en quantité de productions, bénéficie cependant d’un champ inouï de thèmes à exploiter : « son histoire, ses réalités politiques » représentent des potentiels cinéma ; mais qui restent dépendants du ressort et de la volonté de chacun.
Ressort et volonté n’ont pas dû manquer à Jacques Perrin au cours de ces dernières années. Il a volontiers évoqué ses dernières productions phares : Microcosmos, Himalaya, et Le Peuple Migrateur. Un défi, un pari, ces films ? « Il n’est pas question de défi, de pari : je fais les films que j’aime. » A la différence du cinéma américain et de son rayonnement à travers le monde, Perrin ne cherche pas à s’imposer parmi les box-offices de la semaine. Faire un film populaire n’est pas son objectif ; il faut que le sujet en vaille la peine. « Le film prend alors sa propre dimension, sa propre personnalité, et c’est comme ça qui séduit un public. » Créer ce film, lui donner vie, c’est alors « innover, faire du bricolage, inventer des systèmes techniques novateurs ». Suivre les oiseaux du Peuple à la machine ne requiert pas du tout les mêmes capacités techniques que l’exploration d’un monde marin. Prévu pour 2009, Océan sera le résultat de 4 ans de travail, à la rencontre des mammifères marins… « ce qui n’est pas toujours évident. » Différents systèmes ont été mis en place pour les approcher ; pour « filmer la mer dans tous ses états ».
Passionné par ce métier de producteur et les exigences qu’il s’impose, Jacques Perrin a cependant une carrière très diversifiée et très riche derrière lui. Une question s’impose : « Producteur, acteur ; quelle étape avez-vous préféré dans un film comme les Choristes ? » Il répond du tac au tac : « producteur, acteur…et chef d’orchestre ! » [Morhange adulte dans Les Choristes]. « Ces trois fonctions sont un amour partagé, j’ai plusieurs maîtresses ! Dans le domaine du cinéma, se modifier, c’est extraordinaire ». Les deux côtés de la caméra n’ont en effet plus de secrets pour Jacques Perrin.
Il aime produire, créer des films incroyables de justesse et de finesse techniques ; mais il aime aussi s’amuser, parce que « être acteur, c’est un jeu, ça prend une dimension surréelle, c’est jouer comme des enfants ! ».
Amicie