Dimanche 25 mars 2007
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Adonia, et Eric Lartigau, le réalisateur.
Luis a 43 ans, comme il aime à le souligner. Ni 44 ni 45, juste 43 ans. Célibataire heureux, choyé, nourri, blanchi par sa mère et ses sœurs, il semble couler des jours heureux et ne désire rien de plus.
Oui, mais les 6 femmes de sa vie ne l’entendent pas de cette oreille et décident à l’unanimité qu’il est temps pour lui de grandir et de se caser. Quoi de mieux pour cela qu’une femme qui puisse répondre à tous ces besoins ? Mais Luis n’a aucune intention de se faire passer la bague au doigt et il concocte alors le plan idéal : « louer » une jeune fille qui puisse contenter sa famille, parler mariage et se faire planter devant le maire le jour du mariage. Il trouve la candidate idéale en la personne d’Emmanuelle, sœur de son collègue. Mais peut –on vraiment tout contrôler lorsqu’il s’agit de sentiments ? En prétendant être ce qu’ils ne sont pas, vouloir à tout prix dégoûter sa famille risque de lui coûter plus qu’un contrat de 15000 euros…Et si l’amour s’en mêlait réellement ?
Enchaînant les quiproquos, les situations gênantes mais tout en traduisant une volonté de réaliser au final ce que l’on désire, sans prendre en compte l’opinion d’autrui, Eric Lartigau mène ici tambour battant une comédie, dont il peut être fier. « J’appréhende énormément la réaction du public ! Si une comédie ne provoque aucun rire dans la salle, alors c’est fini, à la poubelle ! » Aucune raison de s’inquiéter donc, puisque tout le long de la projection, le public était plongé dans une hilarité retentissante ! Quant à la prestation des acteurs, elle est tout aussi remarquable : Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg nous entraînent dans leurs déboires et rapprochements sentimentaux et jouent à merveille leur rôle. Nous rions avec eux, avons la gorge nouée ou sommes mal à l’aise lorsqu’ils sont confrontés à des situations tendues, enfin nous sommes submergés par les émotions, tout comme les personnages au fil de l’histoire… Pari tenu donc pour Eric Lartigau, qui réussit avec brio une comédie qui fera d’ailleurs l’objet d’un remake américain ! Avec 3.700.000 entrées en France, et un accueil tout aussi chaleureux à New York, acheté dans plus de 40 pays, le film « Prête moi ta main » fera encore beaucoup parler de lui… Scénario d’abord conçu par Alain Chabat qui est aussi co-producteur du film, l’idée s’inspire en partie de vécu, étant lui-même issu d’une famille matriarcale. Eric Lartigau a choisi un tel scénario, parce qu’il reflétait ,d’après lui, assez bien les rapports avec la société de nos jours.
« Mais bon, j’ai préféré tirer ce concept vers le romantique bien sûr » dit-il. L’intervention du réalisateur de « Qui a tué Pamela Rose » et de « Un ticket pour l’espace » a lieu juste après la projection du film. Eric Lartigau affiche un air décontracté, sourire serein, et ne tarde pas à conquérir le public par sa bonne humeur et son entrain. Notamment après qu’une petite fille (qu’il prendra pour un petit garçon, décidément il accumule les gaffes) lui ait demandé de justifier son choix de personnage principal. Après tout, pourquoi raconter cette histoire du point de vue du garçon et non pas de la fille ? Il ne pourra dans un premier temps répondre que « Je suis mouché, j’ai rien à dire petit con ! oh là là, il m’emmerde ce gosse ! » provoquant ainsi l’hilarité générale. Quant au public à qui pourrait être destiné ce film, il se contente de répondre « c’est un film qui, je pense, peut parler à plusieurs publics, comme l’en témoigne son succès franc en France, dans nos salles d’Athènes cet après midi, ou son ovation à New York, salles bondées où « Prête moi ta main » a fait exploser de rire le public.
Adonia